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Je souhaite partager avec vous un article sur une initiative positive, réalisée au Pérou: La création d’un cantine auto-gérée à Lima. Cet article est issu du journal « l’âge de faire ». Je vous donne le lien à la fin de cette page, si vous voulez en savoir davantage.

Bonne lecture et à bientôt

A Lima, depuis plus de trente ans, les femmes s’organisent contre la pauvreté. Les restaurants populaires autogérés leur permettent d’économiser, mais aussi de se rassembler. Une initiative pertinente pour se débrouiller par elle-même face aux nécessités.

Aujourd’hui, on va faire une petite soupe de riz, avec des os. Et comme plat principal, on va faire des œufs brouillés. Donc des patates, des oignons, des oeufs ».

C’est au tour de Fulgencia de passer derrière les marmites du «  El gran cambio  », le restaurant du quartier de Carabayllo, à Lima. Un restaurant, ou plutôt une cantine un peu particulière, puisqu’elle est destinée avant tout aux femmes qui y travaillent. Elles reçoivent cinq  menus chacune.
Les comedores populares, comme «  El gran cambio », sont des cantines organisées par les femmes de la capitale péruvienne. Il en existe plusieurs milliers répartis dans toute l’agglomération. Les femmes se regroupent par quartiers pour faire les courses et cuisiner ensemble. Elles économisent ainsi sur le prix de leur repas et permettent aux autres membres de la communauté de manger à très bas prix, de 1 euro à 1,40 euro. Chaque comedore est composé d’une quinzaine de membres et chacune cuisine à son tour. Un petit conseil d’administration s’occupe de la gestion quotidienne.
«  Le plus important, c’est l’aide que ça constitue pour nourrir la famille  » témoigne une cuisinière. Mais les comedores sont aussi une aubaine pour bon nombre de « clients ». Des travailleurs viennent s’y restaurer, et des femmes «  non membres  » y acheter et emporter le repas pour toute la famille. La cantine distribue aussi gratuitement des repas aux personnes du quartier en situation d’extrême pauvreté.

Sortir de la cuisine
Le mouvement est né durant la crise économique des années 70, où de nombreux époux se sont retrouvés au chômage. « Les femmes ont alors l’idée de créer ces cantines, mais à la base avec une logique temporaire, de survie jusqu’à la fin de cette crise.  » explique Ana Gil Arcaya, présidente de la fédération des restaurants populaires autogérés de Lima, créée dans les années 90. Car depuis leurs débuts, les comedores n’ont cessé d’être nécessaires. Aujourd’hui, l’Etat fournit 18% des aliments aux comités locaux, principalement du riz, des lentilles et de la matière grasse. Le reste, les femmes se le procurent sur les marchés, avec l’argent dégagé par l’activité du restaurant.
Au fil des années, les comedores sont aussi devenus des espaces privilégiés de rencontres et de discussions pour les femmes des quartiers  : «  Nous nous sommes rendu compte que ce qui nous unissait n’était pas seulement le thème de l’alimentation  » témoigne Ana Gil Arcaya.

Dans les réunions quotidiennes, après la cuisine, beaucoup de femmes avaient des problèmes de violence conjugale. Certaines ne pouvaient pas sortir de chez elles car leur mari ne les laissaient pas…On a donc commencé à ne plus être seules ».

Aujourd’hui, la fédération permet au million de femmes associées de suivre des formations. «  Former et se former entre femmes afin que plus tard, elles assument d’autres rôles, qu’elles ne restent pas uniquement à la cuisine.  » explique une membre.

Extrait du mensuel « L’âge de Faire », pour en savoir plus rendez-vous sur le site du journal

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